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François Li : Vice-champion du monde de Streetlifting

François Li interview Franzy_sl

A la découverte du streetlifting avec François Li

Dans cette nouvelle interview, nous partons à la rencontre de François Ly, Vice-champion du monde de streetlifting afin d’en apprendre plus sur lui et sur cette discipline de la force.

Bonjour François, peux-tu te présenter ?

J’ai un master en géographie spécialisé en humanitaire en développement, pas du tout dans le sport, ce qui est assez particulier, car de nombreuses personnes pensent que je ne fais que du sport. Actuellement, je suis en mission de service civique d’une durée de 7 mois aux Philippines dans une ONG locale.

C’est intéressant, car bien souvent, lorsqu’on arrive à ce niveau sportif, on trouve des athlètes qui sont également coach, qui ont fait STAPS et qui n’ont pas forcément d’autres activités à côté. J’ai une vie rythmée (rires).

Comment arrives-tu à ajuster ton entraînement : premièrement avec ton départ aux Philippines et ensuite en ayant cette grosse activité à côté ?

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il faut adapter son corps. Aux Philippines, il fait très chaud et le taux d’humidité est au-dessus des 70% donc c’est difficile de s’acclimater. Il se trouve que j’ai l’habitude d’aller en Asie car j’ai de la famille en Chine et à Hong Kong, mais même pour moi ce n’est pas facile. Quand je suis arrivé, j’avais je pense 20%-30% de force en moins.

Dû à la déshydratation ?

Non, pas forcément ! C’est vraiment dû au taux d’humidité. En fait, l’atmosphère est extrêmement lourde et bizarrement le corps à moins de force. Après, c’est une question d’habitude, les personnes ici sont fortes (rires).

Pour ta deuxième question, dans une journée il y a 24h. Dans ces 24 h, on va dire que je suis du bureau de l’ONG de 10h à 17h. Il me reste donc 17h dans la journée. De là, on enlève 8h de sommeil ce qui me laisse 9h. Soit je m’entraîne le matin soit le soir. Le problème c’est qu’en m’entrainant le matin avec tout ce qui est fatigue nerveuse, je suis un peu ratatiné au bureau. Donc je préfère m’entraîner le soir et comme ça, j’arrive à bien dormir.

Je prends environ 3 heures pour mes entraînements et donc ça me laisse encore pas mal de temps.

Tu t’entraînes toi quand tu voyages ?
Oui, j’essaye de m’entraîner même quand je voyage. Par exemple, je vais essayer de caler mes voyages au moment où je sais que j’ai besoin d’un peu plus de repos, d’un “deload”. Parfois, je cale mes entraînements par rapport à mes voyages aussi. Mais je préfère faire l’inverse.


Je comprends l’intérêt en termes de programmation de caler le deload à ce moment-là. Par contre, d’un point de vue physique et nerveux, les signes du besoin de deload ne vont pas forcément tomber à ce moment-là. Donc tu t’imposes un deload dans tous les cas ?

Non, en réalité, je m’impose une semaine plus intense la semaine d’avant. Et quand je voyage, j’essaie de voir s’il y a une salle de sport pas très loin. Ce qui n’est pas pratique c’est qu’en streetlifting il va aussi me falloir une ceinture lestée. J’ai déjà réussi à en trouver dans des salles que je visitais pendant mes vacances mais ce n’était pas partout. Donc je regarde d’abord les salles adaptées avec un minimum de matériel et si je n’en trouve pas, j’essaye de faire différemment et de faire du power par exemple. Le power tu peux en faire un peu partout, on ne va pas se mentir. Néanmoins, mon entraînement ne sera pas forcément optimisé, mais on va essayer de limiter la casse.

Sinon si tu pars longtemps, il faut que tu puisses t’entraîner correctement.

L’idée à court terme en voyage du coup, c’est profiter, t’entraîner un minimum pour à minima conserver ton état de forme et ne pas le dégrader.

Exactement, c’est dans cette optique-là.

Quel a été ton parcours sportif et comment es-tu arrivé au streetlifting ?

Mon parcours sportif en général ? Je dirais que je n’en ai pas vraiment (rires). Quand j’étais petit, je faisais multisport à la cité, du foot avec les amis, etc. Au collège/lycée j’ai fait un peu de tennis en mode “fun” mais rien de plus.

J’ai commencé ensuite avec le streetworkout car le streetlifting c’est du streetworkout entre parenthèses.

Est-ce que le fait d’être lesté est la seule différence entre le streetworkout et le streetlifting ?

Je ne dirais pas que c’est une différence. Je dirais plus que c’est une spécialisation. Je ne considère pas ça comme une discipline à part entière. Par exemple, je fais aussi des figures de force comme du front clever dans ma pratique du streetlifting.

Ça fait presque 8 ans pile que j’ai commencé ! J’avais 15 ans. Au début avec des tractions, des pompes, des dips. Assez classique quoi. Pour ceux qui sont un peu maigrichons comme je l’étais, c’est bien pour se développer. Je geekais beaucoup et il y a un ami qui m’a proposé de venir avec lui s’entraîner. Il avait débuté deux mois auparavant ! J’ai aimé et c’est comme ça que j’ai commencé avec un ami d’enfance.

Donc tu n’as pas été inspiré comme c’est souvent le cas par un modèle de la discipline, un YouTubeur, etc ?

Non clairement ! Mais je pense qu’il y a beaucoup de personnes qui commencent le street workout pour développer leur corps mais qui ne connaissent même pas le terme. D’ailleurs moi, j’ai compris seulement au bout de 4-5 mois de pratique que je faisais du streeworkout. En ce qui concerne le streetlifting, c’est difficile à définir, car au démarrage, j’ai seulement débuté le lesté avec les muscle up lestées. Et en plus, c’était des muscle up lestées uniquement en “endurance”. Je ne sais pas si tu connais Vadim Olynik, mais c’est un ancien du streetworkout, il est toujours là d’ailleurs et pour moi c’est la personne qui m’inspirait au début quand j’ai commencé le street. Lui, il faisait des 7 répétions lestées avec 20kg quoi. C’était insane et je me disais : “c’est un niveau normal quoi” (rire). De ce fait, j’ai commencé avec 10kg et ensuite je suis passé à 20kg. Je ne faisais que ça en fait. Ainsi, j’ai commencé les muscle up lestées en 2018, après fin 2018 j’ai commencé à faire des dips lestées et 2018/2019 les tractions.

Attends, ça veut dire que tu t’es lesté aux muscle up avant de te lester aux tractions ?

Exactement, parce que ça ne m’intéressait pas de faire les autres exercices lestés.

Mais c’est super particulier de commencer dans cet ordre, non ?

C’est assez particulier, mais je pense que ce n’est pas forcément si particulier pour des personnes qui font beaucoup d’endurance. De base j’étais quand même quelqu’un qui faisait beaucoup de set au poids du corps et de figure de force. J’ai un profil “classique” d’un mec qui veut s’amuser et être fort un peu partout en même temps. Je voulais être polyvalent.

Après les squats, c’est un mouvement qui a été intégré assez récemment mine de rien. De base, pour le streetlifting, ce qui était considéré, c’était les tractions et les dips. Mais cette discipline n’a pas commencé avec le squat et les muscle up. Dans les pays de l’Est comme en Russie, c’est resté dans cet état d’esprit avec beaucoup de tractions et de dips. Ils n’ont pas vraiment de muscle up et de squat.

Du coup, ces athlètes ne font pas les mêmes championnats que toi ?

À part certains athlètes des pays des Balkans non effectivement.

En même temps, je me dis que d’un regard extérieur, c’est assez contre-intuitif d’ajouter des squats au streetlifting. Tu te dis le streetworkout et par extension le streetlifting tu peux le pratiquer n’importe où, tu as juste besoin de barres parallèles et d’une barre de traction. Et en réalité, tu ne fais pas des squats dans le parc de la cité quoi.

Ouais, ça dénature ! J’adore le squat, mais ça dénature clairement !
Le streeworkout, je me disais de base que j’étais jeune, que je n’avais pas d’argent et que j’allais m’entraîner dehors gratuitement. C’est surtout ça.

Mais là quand tu ajoutes le squat tu es obligé d’aller prendre un abonnement en salle !

Exactement. C’est à partir de ce moment-là que j’ai commencé à aller en salle plus sérieusement et que j’ai commencé le squat. C’était en 2018/2019. Ensuite, quand je suis arrivé en Allemagne, je m’y suis mis un peu plus sérieusement. J’ai vu que les Allemands faisaient beaucoup de squat et je me suis dit que j’allais en faire aussi. J’étais en échange là-bas et ça m’a permis de rencontrer pas mal de monde venant du streetlifting.

Le streetlifting est très développé en Allemagne ?

Je ne dirais pas très développé, mais ça prend de plus en plus d’ampleur. Je pense qu’en France, au niveau SL on commence à être vraiment pas mal par rapport à d’autres pays.

Je pense que c’est dans la vibe de tous les sports de force qui montent en France.

Carrément ! Les gens kiffent ! Moi aussi d’ailleurs (rires).

C’est ça, mais tu vois ce n’est pas quelque chose qui était culturellement développé auparavant. Personnellement, j’ai commencé à m’entraîner en salle en 2015 il me semble, et je n’étais pas du tout en région parisienne, donc c’était des plus petites salles, il n’y avait pas de basic fit ou fitness park et c’était beaucoup moins développé qu’aujourd’hui.

Maintenant, c’est un truc de fou, tout le monde s’inscrit à la salle.

Après c’est cool parce que ça popularise le sport et c’est aussi pour ça que, le body bien sûr, mais par extension, le power, le streetworkout, le streetlifting, le crossfit, l’haltérophilie et même le strong montent en force.

Surtout le streetLifting et le power ! Encore plus le power d’ailleurs. Je pense que le streetlifting est à mon avis plus difficile au démarrage que le power en termes de bases à avoir. Il faut plus de bagages.

Effectivement ! Et tu as moins de personnes qui peuvent t’aider pour progresser en SL qu’en power, que ce soit en salle ou sur YouTube par exemple.

Quel est ton palmarès en streetlifting ?

La compétition à Lyon, c’est un des premières, je crois, que j’ai gagné. Ensuite, j’ai fait les championnats de Belgique où je suis arrivé premier. J’avais fait une compétition en Allemagne aussi où je suis arrivé premier, c’était en tractions/dips. J’ai fait les championnats de France FNSL 2021, je suis arrivé deuxième. Je suis également arrivé deuxième au “final rep 2022” et aux championnats du monde 2022. En réalité, j’ai fait pas mal de compétition, mais pas tant que ça en streetlifting. Et je ne fais pas toutes les compétitions.

Comment tu choisis tes compétitions ?

Je choisis avec le meilleur niveau, je ne fais pas les autres compétitions plus mineures, car je ne veux pas trop saccader ma préparation aux grosses compétitions. Parce qu’en réalité, il n’y a pas assez de compétition/concurrence, même s’il y en a plus, et donc je préfère faire les compétitions de niveau national ou international.

Je suppose que tu changes ta préparation avant une compétition. Est-ce que tu fonctionnes sous format “bloc” ?

Oui, je fonctionne sous format bloc effectivement. J’essaye d’alterner entre force, endurance et hypertrophie. Un peu comme en power.

En général, lorsque je suis hors saison, j’essaye de travailler mes points faibles pour optimiser plus tard lorsque je voudrais faire une compétition. Forcément, avant les compétitions, je fais des cycles très spécifiques en format 1RM. Du spécifique/force pure sur les mouvements de compétition.

En hors saison, tu vas aussi faire du build et un peu plus de renforcement body ?

Pas forcément du renforcement en body, mais plutôt des variations des exercices principaux comme des tractions pauses, des tractions stato dynamiques, des dips pauses, etc.

Ah et j’ai oublié de te dire tout à l’heure, mais j’ai participé en 2021 aux championnats du monde de streetworkout/streetlifting en Ukraine. J’étais arrivé 5ème ou 6ème et j’avais fait de la ****. Une grosse contre-performance, ce qui arrive. J’étais super déçue, mais bon, c’est comme ça !

Déçue oui, forcément ! Mais regarde l’année suivante, tu termines vice-champion du monde !

Oui (rires), c’est plutôt cool !

Après, on a beaucoup parlé de compétitions de streetlifting, mais c’est vrai que ces événements ne se basent pas forcément sur des compétitions au 1RM. Il faut le savoir ! Il y a aussi du lesté en endurance. Par exemple des muscle up à 10/12kg en format max de rep, pour les tractions, c’est en général du 32kg et en dips du 48kg. En squat, il n’y en a pas vraiment.

Le format attendu, en endurance ou 1RM varie selon les compétitions et pour les mêmes compétitions une année sur l’autre ?

En général c’est assez précis et toujours défini. On sait que cette compétition, c’est du 1RM tu vois. En Ukraine, il y avait de tout par exemple, avec de l’endurance et du 1RM. Et l’ambiance était folle, j’ai adoré.

Par contre pour “final rep” en Allemagne, on sait que c’est de la force pure en 1RM sur les 4 mouvements avec 3 essais par mouvements comme en power.

Comment définirais-tu le streetlifting et quelles sont les règles à connaitre pour bien débuter ?

Intéressant ! Il y a beaucoup de choses à dire sur ces questions !
Moi, je ne définirais pas forcément le streetlifting comme un sport à part entière. Pour moi être un streetlifter c’est avant tout être un streetworker. Même si certaines personnes sont passées directement par le SL après avoir commencé la musculation par exemple. Mais pour moi, c’est vraiment une spécialité, une des variantes du streetworkout qui est basé sur le statique, le dynamique, le set and rep et le streetlifting. Le streetliting c’est tractions, dips, squat et muscle up. Et le muscle up est pour moi l’exercice iconique ! C’est d’ailleurs pourquoi je considère que ça fait partie du streetworkout. C’est mon avis personnel, mais je pense que beaucoup de gens le pensent aussi.

Pour les règles importantes à connaître pour commencer le streetlifting, je vais partir de l’idée que ce sera pour des personnes qui veulent faire de la compétition.

Pour moi le streetlifting c’est du set and rep mais en plus dur. Par exemple en set and rep tu fais des tractions, en streetlifting tu fais aussi des tractions mais en plus dur, car tu as une charge en plus. Donc si tu ne sais pas faire une traction au poids du corps, tu ne peux pas faire de streetlifting (rires). Donc ça, c’est la base ! Si tu ne sais pas faire le mouvement au poids du corps, il va falloir renforcer tes fondamentaux ! C’est à partir de ces bases que tu pourras te développer et beaucoup mieux exploiter ta force maximale, 1RM, etc. Ce qu’il faut savoir, c’est que tu as des mouvements comme tractions, dips, muscle up, squat, qui, pour les travailler correctement, il va falloir s’y prendre d’une manière particulière. Il n’y a pas que le mouvement pur à avoir. Il faut aussi la technique. Par exemple au muscle up ! Il faut de base avoir une très bonne technique au poids du corps, mais avec le lesté la technique va encore un peu changer.

Sinon, pour les méthodes d’entraînement, c’est assez classique. En sport de force, il ne faut pas s’entraîner bêtement et faire des “une rep” tout le temps. Dès le début, il faut comprendre ça et s’entraîner intelligemment.

Tu utilises le RPE pour évaluer l’intensité dans tes entraînements ?

Oui quand même. En RPE et beaucoup en RIR. Surtout en RIR au muscle up parce que le RPE va être un peu biaisé. On va dire “whoa il était en RPE 8 en muscle up” mais RPE 8 en muscle up c’est chaud (rires). Donc en muscle up je préfère me baser sur mes reps in reserve (RIR). En traction, en squat, c’est un peu différent. Je pense que pour les dips, pour travailler, c’est un peu le même principe qu’en power. Pour les tractions, il y a plus de paramètres qui entrent en jeu. Par exemple la longueur des bras, comment chacun fonctionne morphologiquement, car ça joue énormément en streetifting, notamment pour les tractions. 


À mon avis, il faut travailler de manière à ce que morphologiquement, tu puisses optimiser tes performances.

Donc s’adapter selon ton anatomie et ta biomécanique.

Oui, pour les tractions, surtout, je pense que c’est ça.

C’est intéressant dans le sens où lorsque tu touches à la technique, forcément, il faut adapter au corps de chacun. Tu ne peux pas avoir une technique unique. Maintenant sur les tractions, qu’est-ce qui change d’un point de vue technique entre une personne et une autre ? Parce que j’ai l’impression que globalement ce n’est pas comme au squat par exemple où tu peux jouer sur l’écartement des pieds, le positionnement de la barre, mettre des chaussures d’haltéro et que tu pourras changer moins de facteur aux tractions.


Par exemple, ça joue avec la longueur des bras où tu vas avoir tendance à prendre un écartement plus important pour réduire l’amplitude. Comme lors d’un sumo squat.

Ça joue également beaucoup sur l’ouverture du torse. Par exemple, j’ai coaché un ami qui avait un torse naturellement très ouvert, et même au repos, il était très ouvert. Donc tractionner, c’était un peu plus compliqué. Il a fallu travailler plutôt à faible amplitude, car il avait du mal à ramener la barre vers lui. À noter que lorsque qu’on fait une traction lestée, on va venir “visser” la barre à la fin et que pour le faire, on va devoir limiter l’ouverture thoracique un maximum. 

Quels seraient tes conseils pour quelqu’un qui veut débuter en streetlifting ?

Le premier truc, c’est que ceux qui veulent commencer le streetlifting doivent avoir une très bonne base en poids du corps. Ensuite renforcer cette base pour ceux qui ont un peu de bagage et de force, c’est s’entraîner intelligemment. Je pense que c’est très important.

S’entraîner intelligemment, c’est aussi se fixer des objectifs et y aller étape par étape. J’en vois beaucoup qui se disent qu’en un ou deux ans de pratique, ils pourront aller aux championnats du monde. Je ne suis pas sûr. Ça dépend des gens. Il faut vraiment être gifted génétiquement pour atteindre cet objectif en si peu de temps. Et ce n’est pas le cas de tout le monde.

Ensuite, je conseille aux gens de tester un maximum de compétitions. Par exemple, beaucoup de gens sont venus aux « premiers pas de la FNSL » et même de loin ! J’ai en tête quelqu’un qui est venu de la Réunion et qui a gagné d’ailleurs ! Chapeau à lui. Mais tu vois, c’est important de faire ce genre de compétitions, ça permet de se lancer et de se fixer de nouveaux objectifs pour les prochaines compétitions.

Tous les gens que j’ai interrogés, que ce soit en force, en body, ou en strong, tous me disent la même chose que toi ! Se tester un maximum et démultiplier les compétitions.

Je trouve que c’est vraiment très important ! C’est ce que j’ai fait personnellement au début et je n’ai pas regretté ! Et pour autant, je n’ai pas gagné beaucoup de compétitions au début. J’ai beaucoup expérimenté.

Après, ça te permet de prendre tes marques, de voir comment tu réagis à la pression de la compétition. C’est vrai qu’on voit souvent des personnes qui attendent d’avoir un gros niveau pour se lancer et qui visent la victoire dès la 1ère compétition. Mais en réalité, je pense que c’est assez contre-productif, car tu ne sais pas comment tu réagis en compétition, tu n’as pas pris tes habitudes, etc..

Clairement ! La compétition ce n’est pas l’entraînement ! C’est beaucoup plus dur pour moi ! Après, parfois, tu en as certains qui sont meilleurs en compétition.

Mais c’est le cas de peu de personnes en général. Dans tous les cas, lorsque tu fais une compétition, c’est d’abord se défier sois même. Ce n’est pas forcément gagner à tout prix.

Je ne comprends pas les personnes qui participent à des compétitions en dessous de leur niveau juste pour prendre une médaille. Pour moi, il n’y a pas d’intérêt.

J’ai fait des grosses compétitions d’abord en set and rep et il y avait du très, très haut niveau. Et je n’ai pas forcément gagné. Je suis arrivé 3ème aux championnats nationaux de muscle up en 2017. C’était ma première grosse victoire ! J’étais content !

Est-ce qu’on doit se faire coacher dès les débuts en streetlifting d’après toi ?

Je pense que c’est important d’avoir un ou plusieurs coachs. Pas forcément toujours les mêmes afin de voir comment chaque coach programme et pour acquérir les compétences de chacuns. Il faut savoir que chaque coach programme différemment, surtout en streetlifting. Par exemple, tu as parfois des powers qui coach en streetlifting, mais ce n’est pas du tout le même type d’entraînement qui va être adapté.

Pour les débutants, je pense que c’est intéressant de se faire coacher si vous avez un minimum de bagages, les bases pour le streetlifting. Juste connaître le set up fait gagner 20% de force (rires). Donc c’est intéressant de se faire coacher pour apprendre le set up, à bien se placer, bien contracter, ces choses que les gens ne connaissent pas forcément au début.

Personnellement je suis coach et parmi mes athlètes j’ai de tout niveau. J’ai des débutants qui ne savent pas encore bien gainer les jambes, contracter, etc. Juste leur apprendre ces notions permet de leur faire gagner 5/10kg aux tractions par exemple. Ensuite, je coach des intermédiaires et du très très bon niveau.

Après, je pense qu’il est aussi important de savoir s’entraîner par soi-même. Je recommande à tout débutant de poser des questions parce que sinon ils ne peuvent pas comprendre. Ils peuvent parfois penser avoir compris, mais pas forcément. C’est plus compliqué que ça en a l’air.

Qui sont tes modèles dans le streetlifting ?

Quand j’ai commencé mon modèle, c’était vraiment Vadym Oleynik. Je me disais que je voulais être aussi fort que lui et je le taguais dans mes vidéos (rires). J’écrivais des choses du style : “ Regarde à 16 ans, je sais déjà faire ça” (rires).

Il te répondait ? (rires)

Il ne m’a jamais répondu ! (rires)

Ensuite, il y a pas mal de gens qui m’ont inspiré. Pour l’endurance, j’aimais beaucoup Yohan PRZ, maintenant, c’est mon pote, mais à l’époque, je lui posais des questions tout le temps. Même en compétition, parfois, j’étais face à lui et je lui demandais comment on s’échauffait (rires). Ça le faisait rigoler, mais bon, il m’aidait quand même. C’est aussi ça que j’aime dans le streetlifting et dans notre état d’esprit.

Pour tout ce qui est savoir comment s’entraîner, etc, je me suis beaucoup inspiré de Zod, de ma team FSP. C’est lui qui m’a recruté. Je suis entré dans la FSP en 2020.

Tu peux expliquer ce qu’est la FSP ?

C’est l’une des plus grosses teams de streetlifting en France. La plus grosse avec la Swat team qui est aussi une grosse team de streetlifting/streeworkout. Après nous chez FSP, on est vraiment spécialisé dans la force pure. Streetlifting bien sûr et un peu de power. Zod fait du power par exemple. Et c’est vraiment une des premières personnes qui m’a inspiré dans le streetlifting. C’est un ancien.

Aujourd’hui, je ne saurais pas dire si j’ai encore des modèles. Je me dis que c’est une bataille contre moi-même pour être plus fort et devenir le premier.

Je comprends ! Et souvent, les modèles sont ceux qui te permettent de démarrer, de te faire rêver, etc. Et au fur et à mesure, tu vas être inspiré par des gens, mais ça ne va plus forcément être des modèles à ton niveau.

Des personnes qui m’inspirent j’en garde par contre. Abdou et Aubin sont mes rivaux de ma catégorie et ils m’inspirent beaucoup. Sinon de ma team, Vegeta est aussi un de ceux qui m’inspirent le plus. C’est un ancien, il va sur ses 37 ans. C’est beaucoup en SL ! Et il a tractionné 100kg, dips 150kg et a été champion du monde ! J’ai beaucoup appris grâce à lui. Une autre personne auprès de qui j’ai beaucoup appris à l’époque, c’est Dawei Sama. C’est une des personnes qui m’a le plus appris en streetworkout. On s’est rencontré la première année où j’ai commencé le SL et il m’a enseigné les grosses bases dans le street. Aujourd’hui, il est toujours dans le game, mais il fait les choses à sa manière. Il aime jouer et faire des performances par-ci par-là. Mais il reste monstrueux ! Lui, c’est vraiment plaisir alors que moi aujourd’hui, c’est vraiment une compétition. J’y vais pour gagner ! Même si je prends toujours du plaisir bien sûr (rires).

Quels sont tes objectifs ?

“Final Rep” et les championnats du monde 2023 à Francfort en Allemagne.

Mes objectifs, c’est déjà de finir premier dans ma catégorie (-73kg). L’objectif ultime serait d’avoir un total de 500kg ce qui est surréaliste. C’est autant qu’un poids lourd.

C’est monstrueux ! C’est quoi ton total maximum actuellement ?

Le meilleur total que j’ai fait, c’est 470kg.

T’es à combien au squat ? C’est là qu’il faut que tu ailles chercher les kilos (rires)

Au squat je suis à 210kg.

Ah oui, tu es déjà très solide ! Mais 30kg au squat ça peut aller se chercher !

Ouais, je sais ! Je pense qu’aujourd’hui, j’ai déjà plus que 210kg.

Donc total à 500kg dans le scénario le plus optimiste possible avec un muscle up à 35/37.5kg, une traction entre 90kg et 95kg, une dips à 145/150kg et j’aimerai un squat à 225/230kg. Je pense que le squat, c’est vraiment faisable. J’ai encore de la marge. Beaucoup moins sur les autres mouvements.

Merci François, il me reste deux questions conclusives.

La première : quelle est ta définition de la discipline ?

Pour moi la discipline, c’est : “t’as pas le choix et tu fais ce qu’il y a à faire”. Quand quelqu’un est discipliné ça veut dire qu’il est sage. C’est quelqu’un qui fait ce qu’il doit faire : qui fait le taff.

Après, il y a des moments où tu n’as pas envie. J’ai un ami à moi qui est très très fort, mais il n’aime pas le streetlifting. Il a continué parce qu’il voulait savoir jusqu’où il pouvait aller. Et il fait 60kg, il a dips presque 120kg. Donc il n’aime pas le streetlifting, mais il en a fait quand même. Pour moi, ça fait partie de la discipline, car je l’ai obligé à le faire.

Est-ce que tu as un dernier mot pour la fin ?

Les gens pensent que s’entraîner, c’est compliqué lorsqu’on a une vie derrière. Moi, je dirais : “pas forcément” ! C’est un choix. On fait tous des choix. Il y en qui décide d’aller s’entraîner, il y en a qui décident d’aller boire des verres. Moi, j’ai décidé de tout faire en même temps (rires). C’est-à-dire que je m’entraîne, j’ai une vie sociale, clairement, après mes relations sociales sont basées à plus de 50% du milieu du sport et qui ont le même mindset que moi. C’est important d’être dans un bon environnement où les gens veulent devenir forts et réussir. Par exemple, j’ai parfois du mal à m’entraîner seul et surtout à évoluer seul. C’est un sport individuel, mais le collectif importe énormément ! Depuis que je m’entraîne avec ma team FSP mes performances ont explosé.

Sur les choix de vie, tu en as certains qui vont aller tous les soirs en boîte et dire par la suite “je n’ai pas le temps”. Non. C’est un choix de vie.

Merci François

Vous pouvez retrouver François sur son Instagram : @franzy_sl

Interview réalisée pour Lucas Dour, Co-Fondateur de Disciplean.

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